Pour éviter le riba, il est essentiel de comprendre ce que cela implique. L’interdiction du riba (الربا) en Islam est un pilier fondamental de la finance islamique. Le riba, qui désigne l’intérêt ou toute forme d’augmentation injuste dans une transaction financière, est proscrit dans le Coran et la Sunna. Cependant, dans un monde où l’omniprésence du riba touche presque tous les aspects de notre vie quotidienne, nombreux sont ceux qui se retrouvent confrontés à un dilemme : comment aligner leurs pratiques financières avec leurs valeurs islamiques tout en répondant aux exigences de l’économie moderne ?
Le terme “riba” signifie littéralement “augmentation” ou “excès”. Dans le contexte de la finance islamique, il désigne tout profit généré sans contrepartie équivalente, notamment sous forme d’intérêts sur les prêts et les dettes. L’interdiction du riba repose sur l’idée que les transactions doivent être fondées sur un échange juste, où les parties prennent des risques équilibrés. Tout profit obtenu sans effort ni risque est considéré comme injuste.
Comme l'explique le Dr. Halim Hassoun dans son ouvrage Le droit et la finance islamique :
“Le riba est formellement interdit quel que soit son type, qu’il soit dans le prêt, une dette ou une vente, et quel que soit son taux.”
En d’autres termes, toute forme d’intérêt, même minime, est prohibée par l’Islam, qu’il s’agisse d’intérêts explicites ou implicites dans un contrat.
La prohibition du riba en Islam fait l'unanimité et son interdiction peut s'expliquer par plusieurs raisons :
Aujourd’hui, le riba est quasiment omniprésent dans de nombreux aspects de notre vie quotidienne, souvent sans que nous en soyons conscients. Voici quelques exemples où l’on peut rencontrer du riba :
1. Crédits bancaires : prêts immobiliers, crédits à la consommation, crédits auto – tous ces crédits comportent des intérêts. Les institutions financières, qu’il s’agisse de banques classiques ou d’organismes spécialisés, offrent des crédits avec des taux d’intérêt qui peuvent sembler anodins, mais qui sont en réalité des formes de riba. Ce type de financement constitue une forme d’usure, qui est interdite dans la finance islamique.
2. Découvert bancaire : les banques facturent des agios, qui sont en réalité des intérêts déguisés. Lorsque vous êtes à découvert, même pour de petites périodes, les banques appliquent des frais supplémentaires, appelés agios. Ces frais sont en fait des intérêts qui augmentent la dette du client et engendrent un cycle où l’argent dû devient plus élevé, ce qui constitue une forme de riba.
3. Comptes d’épargne classiques : Livret A, PEL, LDD, comptes rémunérés (ex : compte courant pro avec intérêts), assurance-vie en fonds euros, obligations – tous ces produits génèrent des rendements fondés sur l’intérêt. Ces produits bancaires sont populaires pour leur sécurité et leurs rendements attractifs. Cependant, l’intérêt généré par ces comptes est considéré comme riba, car il s’agit d’une rémunération financière obtenue sans contrepartie réelle autre que l’intérêt lui-même.
4. Crédits & paiements fractionnés : Les options de paiement en plusieurs fois sans frais, proposées aussi bien en ligne qu’en magasin, peuvent sembler avantageuses, mais il est essentiel d’en comprendre le fonctionnement réel. Deux points doivent être pris en compte :
- Les pénalités de retard : En cas de non-respect des échéances, des frais peuvent s’appliquer. Selon les conditions, ces frais peuvent être assimilés à du riba, car ils entraînent une majoration du montant dû.
- La nature du contrat : Dans de nombreux cas, ces paiements fractionnés sont en réalité des crédits déguisés. Lorsqu’un établissement financier (ex : Sofinco, Cofidis) est impliqué, c’est bien une structure de crédit qui avance l’argent, et ce sont les commerçants qui paient les intérêts à votre place. Le contrat devient alors ribawi dès lors qu’un intermédiaire financier applique un mécanisme d’intérêt.
5. Crédit avec intérêts : C’est une des formes les plus évidentes de riba, car le crédit accordé par les banques comporte des intérêts directs qui doivent être remboursés en plus du montant emprunté initialement.
6. Prêt à la consommation : Les prêts personnels sont souvent octroyés à des taux d’intérêt élevés, ce qui constitue une autre forme de riba. Ces prêts permettent de financer des achats immédiats, mais les intérêts supplémentaires font partie de l’endettement qui devient problématique dans une perspective de finance éthique et islamique.
7. Carte bancaire avec découvert autorisé : Le découvert autorisé, bien qu’il semble offrir une flexibilité financière, s’accompagne généralement d’intérêts très élevés sur la somme empruntée, ce qui est encore une forme de riba. Même si le découvert est “autorisé”, les frais et intérêts qui s’y attachent sont une pratique usuraire.
8. Épargne salariale avec placements en obligations : L’épargne salariale, souvent investie dans des obligations, peut générer des rendements basés sur des intérêts. Ces produits d’investissement sont parfois incompatibles avec les principes de la finance islamique, car ils reposent sur des intérêts qui sont considérés comme du riba.
9. SCPI et fonds immobiliers avec leviers bancaires : L’investissement dans des SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) et autres fonds immobiliers peut également comporter des éléments de riba, notamment lorsque ces fonds sont financés par des emprunts bancaires avec intérêts. Le levier bancaire permet de multiplier les rendements, mais il repose sur des crédits qui impliquent des intérêts, ce qui est incompatible avec la finance islamique.
10. Assurances classiques non obligatoires : Certaines assurances, telles que celles proposées pour des biens non essentiels, peuvent aussi inclure des éléments considérés comme du riba.
11. Retraite complémentaire avec fonds placés en actifs non conformes : Certaines retraites complémentaires ou autres produits d’épargne de retraite investissent dans des actifs non conformes, notamment des actifs générant des intérêts ou liés à des activités non permises dans la finance islamique. Ces produits peuvent sembler être une solution de prévoyance efficace, mais ils risquent de ne pas respecter les principes d’une éthique financière respectueuse. À noter : En France, l’adhésion à certains régimes de retraite complémentaire est obligatoire pour les salariés. Cela signifie que, bien que ces produits ne soient pas conformes aux principes de la finance islamique, il n’y a souvent pas d’alternative légale pour s’en passer.
12. Actions d’entreprises endettées ou ayant une activité non conforme : Investir dans des actions de sociétés qui sont lourdement endettées ou qui exercent des activités non conformes à la charia (comme celles impliquées dans l’alcool, le tabac ou les jeux d’argent) peut également être une forme indirecte de riba. Ces entreprises génèrent souvent des bénéfices qui reposent sur des activités qui vont à l’encontre des principes de la finance islamique..
Pendant longtemps, il était difficile d’éviter le riba faute de solutions adaptées. Mais aujourd’hui, la situation a évolué : de nombreuses alternatives conformes aux principes de la finance islamique existent et permettent d’adopter une gestion financière plus éthique.
La finance islamique repose sur plusieurs principes clés, dont :
• L’interdiction du riba (intérêts)
• L’investissement dans des secteurs éthiques
• La transparence et l’équité dans les transactions
Contrairement aux idées reçues, ces principes ne concernent pas uniquement les musulmans, mais peuvent intéresser toute personne souhaitant une gestion plus responsable de ses finances. Voici comment intégrer ces alternatives dans son quotidien.
Avant de chercher à changer ses habitudes, il est important de comprendre où l’on en est financièrement. Cela passe par :
• Analyser ses revenus et ses dépenses
• Identifier les sources de riba dans ses finances
Il ne s’agit pas seulement de regarder ses comptes bancaires, mais aussi d’analyser sa manière de consommer : Quels sont mes revenus ? Mes dépenses ? Ai-je des crédits ou des engagements financiers avec intérêts ?
Par exemple, lorsqu’un commerçant propose un paiement en plusieurs fois sans frais, il faut se poser la question : « Y a-t-il un établissement de crédit derrière ? » Il faut également s’interroger sur la gestion quotidienne de ses comptes. Utilise-t-on un compte courant classique qui génère des intérêts ? Existe-t-il des alternatives plus éthiques ? Ces réflexions sont essentielles pour amorcer un changement progressif.
Une fois la prise de conscience faite, l’étape suivante est de réduire ses engagements financiers basés sur l’intérêt.
La transition vers une vie sans riba nécessite une prise de conscience et une volonté d’apprendre. Pour cela :
Afin de passer à l’action, la première étape consiste à adapter la gestion de ses comptes courants pour éviter autant que possible le riba. En France, il est aujourd’hui difficile de trouver une banque 100 % conforme, mais certaines options permettent de limiter son exposition aux intérêts.
Si vous pouvez vous passer d’une banque traditionnelle, vous pouvez privilégier des alternatives comme les établissements de monnaie électronique certifiés éthiques. Certaines fintechs proposent des solutions plus adaptées, et plusieurs initiatives travaillent sur des comptes conformes aux principes de la finance islamique.
L’immobilier est souvent le plus grand défi pour ceux qui souhaitent éviter le riba. En France, le prêt bancaire classique repose sur un système d’intérêts, mais il existe des alternatives basées sur la finance islamique :
De nombreux musulmans utilisent encore des livrets d’épargne comme le Livret A, générant des intérêts interdits. Retirer les intérêts n’est pas une solution suffisante, car l’argent est placé et peut être investi dans des secteurs non conformes.
L’alternative ? : Se tourner vers des solutions comme celles proposées par Perenys, qui offrent des produits d’épargne et d’investissement sans riba, certifiés conformes à la charia.
Nous savons qu’aujourd’hui l’investissement est essentiel pour faire fructifier son patrimoine. C’est pourquoi de nombreux acteurs du monde de la finance éthique ont développé des solutions :
Ces solutions vous offrent une réelle alternative pour gérer vos finances. En investissant dans des secteurs éthiques et halal, vous contribuez à soutenir des projets conformes aux valeurs de la finance islamique, tout en vous assurant de la rentabilité de vos placements. Perenys propose des solutions d’épargne et d’investissement alignées avec ces principes, permettant à chacun de placer son argent sans compromis.
En mettant en place ces alternatives progressivement, il devient possible d’avoir une gestion financière plus conforme et alignée avec ses valeurs. L’essentiel est d’avancer à son rythme.
Faire preuve de patience : La transition vers une vie sans riba prend du temps. Multipliez les invocations et demandez à Allah de faciliter ce chemin. Acceptez que certaines opportunités nécessitent du temps et des efforts, mais qu’elles sont bénies et halal.
Sortir du riba n’est pas seulement un choix religieux, c’est une démarche qui permet de retrouver une indépendance financière et une économie plus éthique. En adoptant des alternatives conformes à l’Islam et en faisant des choix financiers plus responsables, il est possible de construire un avenir financier solide et respectueux de ses valeurs en suivant ces étapes :
1. Faire le point sur sa situation
2. Entamer la réflexion et se renseigner
3. Passer à l’action grâce aux solutions alternatives
Chaque pas vers une finance sans riba est un pas vers une gestion financière plus juste et plus équitable. Avec des solutions comme celles proposées par Perenys, il est désormais possible d’avoir accès à des alternatives dans le monde financier moderne sans compromettre ses principes.
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